Une enquête en cours sur la dame de Saint-Just – 7

À l’occasion des 5 ans de la découverte du sarcophage de la dame de Saint-Just : un feuilleton composé à partir des textes rédigés à l’occasion de l’exposition que le Musée archéologique départemental de Saint-Bertrand-de-Comminges lui a consacré en 2023.

Épisode 7 : L'enquête continue

William Van Andringa (École pratique des hautes études) et Julie Quéré (Université de Lille)

La dame de Saint-Just

Après avoir suscité la curiosité du public comme des chercheurs, la « dame de Saint-Just » aura conduit l’équipe archéologique à utiliser et inventer de nouvelles méthodes comme l’expérimentation, les analyses palynologiques et isotopiques ou la restitution 3D.

Photographie de l’intérieur du sarcophage (photo Flore Giraud)

Ces différentes études auront permis de restituer les informations suivantes :

  • Une jeune femme, d’une classe sociale élevée et morte entre 18 et 22 ans au 5ème ou 6ème siècle, a été enterrée dans un sarcophage en marbre dans la nécropole de Saint-Just.
  • Celle-ci a été placée dans un cercueil en bois, habillée d’un vêtement aux manches amples ou d’un linceul laissant ses bras libres et de chaussures, avec un bouquet sur le bras gauche et peut-être une couronne de fleurs autour de la tête.
  • On a finalement disposé un linceul imbibé de gypse sur ses jambes nues, de ses chevilles à son bassin. Le cercueil a ensuite été refermé d’un couvercle en bois, puis entouré de deux tissus différents : l’un plus fin et l’autre plus grossier.
  • Le sarcophage a ensuite pu être refermé, pour n’être réouvert qu’en juillet 2021.
Hypothèse de reconstitution de la sépulture de la dame de Saint-Just (document François Fouriaux)

Et ensuite ?

Certains résultats, bien que déjà intéressants par eux-mêmes, demandent à être mis en perspective et considérés à plus grande échelle : connaître le régime alimentaire de la jeune femme par exemple, devient d’autant plus intéressant lorsque celui-ci peut être comparé à celui des autres individus de la nécropole ainsi que du reste de la population. C’est pourquoi les premiers constats ici présentés demandent à être approfondis ou enrichis.

Échantillons préparés en vue de l'analyse isotopique (photo Victor Morcillo)

Cette découverte exceptionnelle n’a pas terminé de faire parler d’elle puisque les investigations ne sont pas terminées. Des interrogations demeurent notamment quant à la date exacte de la mort de la jeune femme, son origine et l’aménagement exact de sa sépulture.


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